Il faut savoir. Il faut savoir qui nous
condamne et pourquoi on nous condamne. Il suffit de réfléchir un petit peu. Si
ce sont des autorités qui n’ont plus la foi catholique, qui n’agissent plus en
catholiques, et qui nous condamnent parce qu’on veut rester catholiques… alors
il faut baster avec eux, il ne faut pas se battre avec eux ?… Non. Ce
n’est pas possible ça ! – Mais enfin, mais enfin, le pape, le pape… Je n’y peux rien, je n’y suis
pour rien. Si le pape fait un Nouvel Ordo dont la définition, d’après le
Cardinal Oddi, est une définition hérétique, ce n’est pas moi qui l’ai dit,
c’est lui qui le dit, en tout cas elle favorise l’hérésie certainement, la
définition de la messe… je n’y peux rien, moi !
Alors s’ils appliquent un œcuménisme
absolument aberrant qui fait perdre la foi à des millions de catholiques,
comment peut-on dire encore qu’ils sont vraiment catholiques ?
Alors on a continué. Alors Rome condamne,
suspend : tous les séminaristes interdits, les prêtres ne peuvent plus
célébrer, nous sommes tous frappés de peines canoniques à cause de notre
désobéissance à Rome !…
Et puis interviennent peu après de nouveau
les colloques… Rome semble tout de même ne pas vouloir nous abandonner
complètement, et alors s’instaure un espèce de colloque continuel, continuel…
Et alors à partir de ce moment-là, depuis, on peut dire, 76 jusqu’à maintenant,
et bien ces colloques ont continué, toujours de la même manière, toujours de la
même façon, ont toujours abouti à rien parce qu’il fallait accepter le Concile
dans son ensemble, même à la lumière de la Tradition, il fallait accepter
cela ; il fallait accepter le principe des réformes ; il ne fallait
pas s’opposer à la nouvelle messe ; il ne fallait pas détourner les
fidèles de la nouvelle messe et des nouveaux sacrements…
Alors j’ai été interrogé par le
Saint-Office. Et là, le Saint-Office m’avait posé d’abord des questions, tout
un questionnaire… J’ai répondu, je crois, une centaine de pages !… contre
la liberté religieuse, contre le Nouvel Ordo Missae, contre toutes les horreurs
que Vatican II a pu produire, n’est-ce pas ! Alors ça a été de nouveau des
questions ensuite, de nouveau des réponses, et ainsi de suite… On a continué
comme ça indéfiniment… Le Cardinal Seper est mort. Est venu maintenant le Pape
Jean-Paul II et puis le Cardinal Ratzinger, et on a continué les discussions…
Le Cardinal Ratzinger venant pour la première fois s’occuper de cette
affaire-là, a été persuadé qu’au bout de trois semaines tout allait s’arranger,
avec de beaux sourires et puis un petit entretien, ce n’est pas possible, ce
n’est pas possible que ça ne s’arrange pas… On était toujours au même point :
nous voulions garder la foi catholique. Pour garder la foi catholique, nous
voulions garder la Tradition, la Tradition dans la liturgie, et la Tradition
dans la formation sacerdotale, et rejeter toutes ces erreurs modernes,
modernistes et libérales. Et voilà, le dialogue donc a continué comme ça
pendant plusieurs années depuis 1978, au moment de l’élection du pape…