Le “principe d’autonomie” dont vous parlez, je ne le trouve nulle part dans le magistère de l’Église : vous avez dû confondre avec le principe de distinction des deux pouvoirs. Ce n’est pas parce que des souverains tels que Philippe le Bel ont fait triompher la force contre le droit qu’un chrétien “doit l’accepter”. Il ne manquerait plus que cela !
Lorsque saint Pie V a créé Côme de Médicis grand duc héréditaire de Toscane, il a pour sa part donné raison à Boniface VIII (Motu proprio du 1er septembre 1569) : “Le Pontife romain, assis par une disposition du Seigneur sur le trône le plus élevé de l’Église militante, est établi sur les nations et les royaumes.” Et à l’ambassadeur de l’empereur Maximilien qui s’en montrait surpris, il a fait répondre par l’intermédiaire du Cardinal Commendone :
« Veut-on mettre en doute le droit des Souverains Pontifes à conférer un tel titre, et veut-on élever au-dessus d’eux la puissance impériale ? Mais s’il faut remonter jusqu’à l’origine des pouvoirs, d’où vient donc ce titre d’empereur qui élève l’Allemagne au-dessus des autres royaumes ? Lorsque l’empire romain, transféré en Orient, se démembra par sa propre grandeur, et que les provinces devinrent la proie des barbares, qui est-ce qui présida aux partages ? Qui en conféra une partie aux Allemands ? Y a-t-il quelqu’un, si ennemi du Saint-Siège et de la vérité, qui refuse de reconnaître que ce furent les papes ? A-t-on oublié Léon III et Charlemagne ? Il leur a donc été permis d’ôter aux Grecs le sceptre impérial pour vous le transmettre, et il ne leur sera pas permis aujourd’hui de créer un grand duc ? Comment ne possèdent-ils pas un droit qu’ils ont pu vous donner ? » (Falloux, Histoire de saint Pie V, tome II, p. 158-159.)
Que Dieu nous accorde un nouveau saint Pie V !