Urbain VI et Grégoire XII ont d’abord été élus et reconnus par ceux qui ont ensuite contesté la validité de leur élection. Ni l’un ni l’autre de ces papes n’étaient sans reproche, mais ce n’est pas une raison suffisante pour contester leur légitimité.
Urbain VI a été élu à l’unanimité moins une voix le 7 avril 1378. Les futurs cardinaux dissidents ont prétendu avoir eu la main forcée par les romains, mais le fait est qu’ils n’élirent pas le candidat préféré de ceux-ci, une preuve parmi d’autres qu’ils conservèrent la liberté de choix. De plus, tous admirent d’abord la validité de l’élection (qu’ils annoncèrent même au roi de France Charles V) et les premiers actes de l’élu. Leur révolte ne commença que lorsqu’Urbain VI leur annonça, sans beaucoup de diplomatie il faut l’avouer, son intention de rééquilibrer le Sacré Collège, majoritairement français jusqu’alors, en y introduisant des prélats italiens.
De même, c’est parce que Grégoire XII s’est brouillé avec une partie de ses électeurs que ceux-ci vont, de concert avec les cardinaux d’Avignon, assembler un concile à Pise le 25 mars 1409, qui aboutira à l’élection d’un troisième “pape”, Alexandre V, dont le successeur sera Jean XXIII.