...c’est l’Église : non seulement par ses condamnations de Wiclef et de Jean Hus (qui sont infaillibles puisque doctrinales), mais ultérieurement par le concile Vatican I dans sa condamnation (également doctrinale) du gallicanisme.
Privé de pape (même Jean XXIII s’en était retiré) le concile de Constance était dépourvu de toute autorité doctrinale, et vous conviendrez que la question de la suprématie d’un pape sur un concile est éminemment doctrinale.
En outre, sa composition n’était pas canonique : pour procéder à l’élection du pape, et comme on se méfiait des cardinaux (nommés par des papes contestés), on leur avait adjoint trente autres prélats (six par nation). Dans les cessions précédentes, on avait même octroyé le droit de vote à de simples théologiens qui n’étaient à aucun titre des successeurs des apôtres.
Ce qui reste vrai, c’est qu’en l’absence d’un pape certainement légitime – trois prétendaient au titre, et certains catholiques ne reconnaissaient aucun des trois – il appartenait au corps épiscopal de se réunir pour examiner les titres réels des compétiteurs et pourvoir au rétablissement de l’unité effective. Une première tentative a échoué, et a eu pour conséquence d’ajouter un troisième “pape” aux deux premiers. L’élection de Martin V a rencontré plus de succès, et c’est le fait qu’il ait été reconnu quasi unanimement par les catholiques qui a confirmé sa légitimité.